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Cher corps

Les complexes, petits, gros, handicapants, tolérables tout le monde en a. Je ne connais personne qui puisse affirmer j’aime tout chez moi (si c’est votre cas, n’hésitez pas à me le dire que je ne reste pas dans l’ignorance) Aujourd’hui, je décide de faire le bilan sur mon corps. Ce corps que je maltraite, que j’insulte chaque jour de mon existence. Trop petite, trop grosse, mal formée, tout y passe. Cet article, sous forme de lettre ouverte, est un exercice thérapeutique pour apprendre à trouver des côtés positifs à ces petits défauts que je voient tous les jours. Je vous invite à réaliser ce même exercice dans votre vie afin d’apprendre à aimer ces tous petits riens, qui font la personne que vous êtes.


Cher corps, Commençons par le haut.


Chers cheveux, qu’est ce que je vous ai fait souffrir, vous. Ça commençait plutôt bien pourtant, dans mes premières années de primaires, je vous portais longs jusqu’aux fesses, un rêve de petite fille (un peu moins pour ma mère, entre les longues heures de démêlage et les week-ends à traiter nos amis les poux ). Mais je vous adorais réellement. Et puis, la puberté est arrivée et vous avez tellement changé. J’ai détesté ces ondulations bizarres et la forme que vous preniez. En plus je ne savais pas prendre soin de vous... Et le lisseur a fait son apparition dans notre vie, et je passais tous les jours 30 minutes à vous torturer à coup de 230 degrés ... Mais aujourd’hui, j’aime prendre soin de vous, oser de nouvelles coupes/couleurs, vous attacher, vous boucler, vous lisser...






Chers yeux. Alors vous, je vous en ai longtemps voulu de ne pas vous être teinté du bleu azur de mon père. Non, vous avez préféré virer au marron noisette. On dit toujours que l’on aime pas ce que l’on a, et j’en suis la preuve vivante. Mais finalement, mes yeux me permettent de voir toutes les belles choses de la vie ! Et qu’est ce que j’aime vous maquiller et vous mettre en valeur !


Cher nez, toi tu es trop gros, trop rond ... Comme un intrus sur mon visage en somme ! Qui ne rêve pas d’un joli petit nez en trompette, qui ne fasse pas tâche au milieu de la figure. Mais petit (hum hum), grâce à toi je peux distinguer différentes odeurs, reconnaître le parfum de ceux que j’aime entre milles. Et puis, quand tu es bouché, je n’espère qu’une chose, que tu guériras très vite !


Chère bouche... Ah la la toi ! Trop fine en haut, et donc déséquilibrée. Et ce sourire avec cette dent plus longue que l’autre. Fut un temps j’appréciais te maquiller avec des couleurs extravagantes, mais aujourd’hui, je te préfère au naturel. Même si je ne te trouve pas jolie, je te remercie de n’avoir jamais eu besoin d’orthodontie. Aussi, je te suis reconnaissante car je peux, grâce à toi, m’exprimer comme je le veux, parler plusieurs langues mais surtout je peux embrasser ceux que j’aime !





Chère poitrine. Sujet épineux. Je te déteste depuis que tu as décidé de te pointer sur mon corps. Trop tôt, trop développée, trop imposante. A cause de toi, j’ai eu mes premiers vrais complexes. Des l’âge de 12 ans je disais à mes parents que je souhaitais réaliser une réduction mammaire. Depuis presque 15 ans, je me renseigne sur cette opération, et l’année dernière j’ai enfin sauté le pas et ai pris rendez-vous avec une chirurgienne ! Malheureusement le covid étant passé par là, l’opération sera sans doute pour la fin d’année voir l’année prochaine, mais j’ai tellement hâte! Tu vas te refaire une beauté, afin que nous puissions vivre en harmonie toi et moi


Cher ventre. Enfant, j’avais un petit ventre rond et j’entendais souvent « Elle a encore son ventre de bébé ». Et puis le bébé a grandi, et tu es resté rond, mais non plus comme les tous petits, mais enrobé de graisse... En 6ème, lorsque j’ai fait une dépression suite à du harcèlement scolaire, tu ne rentrais même plus dans mes pantalons d’enfants tant tu avais pris du volume... Les régimes et les yo yo incessants t’ont marqué à tout jamais de jolies zébrures qui racontent notre histoire à tous les deux. Aujourd’hui, avec 20 kilos de moins, tu n’es toujours pas plat; tu as toujours cette petite couche enrobante - dois-je en conclure qu’elle te rassure et que tu en as besoin? Mais cher ventre, je te remercie d’avance, car un jour tu seras, je l’espère, le théâtre de spectacles magnifiques où mes enfants se construiront avant de rejoindre la terre. Tu t’arrondiras pour accueillir les petits êtres qui me seront chers, et rien que pour ça je ne t’en voudrais jamais de ne pas ressembler à ce que je souhaite.





Chères jambes. A cause de vous, on me dit souvent que je suis courte sur pattes. Et oui, vous avez décidé d’arrêter votre croissance lorsque j’avais à peine 13 ans. Comme si 1m57 pour une femme c’était suffisant. Vous auriez pu au moins prendre 3cm de plus non ? Vous n’êtes pas non plus très belles. Très marquées par mes nombreuses heures de danse ... Des genoux décolorés et cagneux (et surtout souffrant de blessures à vie), des mollets un peu trop musclés et des cuisses qui gonflent dès que je ne fais pas de sport ... Mais grâce à vous, je tiens à le préciser, je peux parcourir le monde ! Monter des escaliers, marcher dans la rue, me balader, courir, faire du sport ! Vous êtes clairement essentielles à ma vie et malgré tout vos défauts, vous êtes quand même mon pilier (ha ha)


Chers pieds. Finissons par ma phobie ... Je vous déteste autant que je déteste les pieds des autres. Bien que je vous trouve harmonieux (aucun orteil plus long que l’autre, par exemple), je hais que l’on vous regarde de trop près. Pourtant, au même titre que mes jambes, vous m’êtes quand même bien utiles au quotidien. Vous êtes également les acteurs majeurs de l’assouvissement de ma passion ! Grâce à vous j’ai pu danser. En chaussons de classique, en bottines de jazz, en baskets, nus, vous étiez toujours mon ancrage au sol. Je vous ai bien malmenés et vous étiez souvent couverts de bleus... Mais je suis fière aujourd’hui de mes pieds de danseuse, qui racontent également mon histoire.


Et vous, alors? Vous lui diriez quoi à votre corps ?

 
 
 

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