top of page

L'hypersensibilité, phénomène de mode ou réel fardeau ?

Depuis quelques années, je n'ai pas échappé à cette dizaine "d'influenceuses" s'autodiagnostiquer hypersensibles. Un peu comme si c'était la mode d'avoir un trouble qui peut réellement gâcher la vie ... Mais finalement, très peu expliquent ce qu'est vraiment l'hypersensibilité. Je tiens à préciser que je ne suis pas psychologue, ni même psychiatre, mais cet article est écrit grâce à mon expérience personnelle.


Depuis l'enfance, je ne sais pas gérer mes émotions. J'ai entendu des tonnes de phrases du genre "Elle a du caractère cette petite", "C'est une boudeuse", ou encore "- Elle est de quel signe astrologique ? - Lion ascendant lion ! - Ah ben tout s'explique...". Alors, déjà non, tout ne s'explique pas par l'astrologie :).

Et puis il y a eu ce moment où mes émotions, notamment la frustration, prenaient le dessus sur tout le reste (mon moral, ma santé...). C'est à ce moment que j'ai appris mon hypersensibilité.


Mais comment se manifeste-t-elle chez moi ?


Une peur irrépressible de l'abandon


Je dois dire que c'est ma plus grande peur. Etre laissée seule, ne plus être aimée pour ce que je suis. Cela me tétanise réellement. J'ai un immense besoin de preuves dans ma vie, même les plus minimes. Dès que je sens quelqu'un s'éloigner, cela provoque en moi une crise de panique irrépressible, associée à des pensées très dénigrantes sur ma propre personne. Ce besoin d'être rassuré peut également se traduire par des petites questions anodines, ou de l'insistance sur ce qui est fait. Bref, j'ai besoin de l'approbation de tous, et de l'attention de tous...


Tout prendre à coeur


Je ne sais pas faire dans la demie mesure. Si j'aime, j'adore. Si je n'aime pas, je déteste. La nuance est très compliquée chez moi. De même, si je commence quelque chose qui m'anime, il est hors de question de m'arrêter avant d'avoir terminé. Je ne supporte pas la médiocrité, et je souhaite atteindre le meilleur de moi-même dans chaque situation. Ce trait de caractère était déjà très présent pendant l'enfance. Je ne compte pas les soirs où je rentrais en pleurant parce que j'avais eu une note "médiocre" (*médiocre dans mon vocabulaire équivaut à 16, 17...). Cela engendre de très grandes frustrations lorsque je ne suis pas capable d'atteindre un objectif que je m'étais fixé...





Les odeurs, les goûts, les textures


Et oui, l'hypersensibilité ne concerne pas seulement les traits de personnalité, mais également les goûts. J'ai en effet un odorat "surdéveloppé" et je peux sentir une odeur à plusieurs mètres. Une senteur que je déteste pourra me rendre très facilement malade, tandis qu'une senteur familière et que j'adore me procurera une sensation de bien-être immédiat.

Pour ce qui est de la nourriture, je suis une chieuse et tout le monde aime me le répéter. Mais il est totalement impossible pour moi de manger quelque chose qui aurait une texture gélatineuse ou "craquante fondante" (coucou Cyril Lignac). Dans la liste des aliments que je ne peux pas manger on peut citer les petits pois, le maïs, la banane, le foie gras ou encore la viande "avec du gras"... Et ceci n'est pas un caprice d'enfant gâtée, mais bel et bien un signe de l'hypersensibilité.


Subir des montagnes russes


Je vis chaque moment de bonheur intensément (même les plus insignifiants). Il est commun pour moi d'avoir une période de "déprime" post soirée ou post vacances... Un retour à la réalité est très compliqué car la sensation de vide est décuplée. Cela m'a causé beaucoup de problèmes durant l'adolescence et les premières soirées : je n'arrivais pas à comprendre pourquoi j'allais si mal après avoir été si heureuse la veille. Mais finalement, tout est logique. L'hypersensible va tout vivre de manière intense, prendre chaque instant comme si c'était le dernier. Mais le revers de la médaille, c'est cette chute d'ocytocine, qui peut être aussi dévastatrice que bénéfique.


Détester les conflits


Le conflit pour l'hypersensible peut être vécu comme un coup de poignard. Avec l'expérience, je sais à quel point le conflit est nécessaire dans toutes relations. Mais malgré ça, je garde toujours pour moi les choses qui pourraient mener à une discussion sérieuse ou pire : la perte de quelqu'un. J'ai souvent tendance à passer par un intermédiaire pour ne pas discuter directement avec la personne concernée. Cela peut paraître lâche, et je pense que je suis d'accord. Mais j'ai tellement peur de perdre quelqu'un, ou de simplement le décevoir, que je ne prends pas le risque de dire les choses. Et pourtant, il faudrait, afin de me libérer d'un certain poids...


Ne pas savoir se remettre en question


Ce trait de caractère était beaucoup plus visible durant l'enfance. J'ai toujours détesté lorsque les maîtres et maîtresses nous rendaient les copies avec des corrections à faire pour améliorer sa note. Je ne supportais pas que l'on pointe en rouge mes erreurs, et il était très difficile pour moi d'admettre que ce serait mieux avec la correction. De même, durant mes études, il était compliqué de relire mes brouillons, car je ne pouvais pas accepter de corriger quelques points... En grandissant, j'ai appris à intégrer les critiques constructives, et je m'en sers chaque jour afin de devenir une meilleure personne. Mais attention, en fonction de la personne et de la manière dont les critiques sont dites, je peux me braquer et là, il sera impossible de me faire changer...




L'empathie à son paroxysme


Il y a énormément de situations qui me font pleurer. Pas seulement les films à l'eau de rose, ou les documentaires sur la misère du monde.

Mais dans la vie de tous les jours, je peux pleurer en voyant un papi/une mamie dans la rue, un Sans domicile fixe ou encore une personne malade. Lorsque j'allais voir mon père à l'hôpital, je pleurais en imaginant la solitude de certains patients... Et tout ça, c'est depuis l'enfance (ma mère me raconte souvent que je pleurais pendant les matchs de rugby parce qu'une personne du public me faisait de la peine...)


Je pense qu'il y a encore énormément de points que je n'ai pas abordé, mais ceux-là sont ceux que je rencontre la plupart du temps dans ma vie. L'hypersensibilité n'est pas une mode, elle n'est pas facile à vivre non plus (pour moi, et pour mon entourage !). J'essaie chaque jour d'améliorer ma gestion des émotions afin qu'elles ne prennent pas le dessus sur tout le reste, mais parfois je craque et je deviens une tornade (ou bien une fontaine qui ne sait pas s'arrêter de pleurer pendant des heures). Si vous ressentez une sensibilité exacerbée, n'hésitez pas à consulter un psychiatre, qui lui seul pourra déterminer si oui ou non vous souffrez d'hypersensibilité.

Il n'y a pas de traitement à proprement parlé, il suffit simplement d'apprendre à se connaître, et surtout d'apprendre à analyser toutes les situations avant qu'il ne soit trop tard. Lorsque je sens mes émotions prendre un peu trop de place, je m'isole, je prends un petit temps pour moi en essayant de comprendre pourquoi est ce que je suis dans cet état là. Une fois cette introspection faite, je fais mon plus beau sourire, et je suis prête à être la seule décisionnaire de ma vie.


Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaires. Je me suis confiée à vous sur une facette de ma vie que peu de personnes connaissent, mais cela me semblait important...


Passez une belle semaine,


Margaux

 
 
 

Commentaires


bottom of page